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Changements et alimentation dans le cadre d'une colonisation spontanée: le cas des immigrants de l'Inambari (Pérou)

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Author(s): Christinat, Jean Louis

Journal: Bulletin de l'Institut francais d'études Andins
ISSN 0303-7495

Volume: 4;
Issue: 3-4;
Date: 1975;
Original page

Keywords: Alimentation | Produit alimentaire | Consommation | Préparation | Stockage | Technologie alimentaire | Population | Migration intérieure

ABSTRACT
Le secteur appelé San Gabán/lnambari (district de San Gabán, province de Carabaya, Puno) situé sur les derniers contreforts de la Cordillère Nevada de Carabaya, est peuplé par des immigrants des hauts plateaux - plus particulièrement des provinces de Melgar et de Carabaya mais aussi de quelques districts de la province d'Azangaro - qui y sont confrontés, en l'absence d'une voie de communication, avec des conditions particulières d'isolement géographique, culturel, économique et politique. Cette transplantation dans la forêt vierge - mouvement migratoire spontané - pose aux immigrants, qu'ils soient permanents ou temporaires, de nombreux problèmes d'adaptation, problèmes d'autant plus importants que les colons abordent les terres basses sans aucune préparation psychologique, éducative et technique. On examine ici le comportement et les réactions des individus dans le domaine de l'alimentation. La première partie de l'étude est consacrée aux composants de l'alimentation. Cette dernière repose avant tout sur les végétaux cultivés et plus particulièrement sur le riz, le manioc, le maïs, les « papas japonesas » et les bananes. Elle est irrégulièrement complétée par les produits de la basse-cour, par un peu de gibier et de poisson et par des denrées que les immigrants font venir ou rapportent de leur village d'origine à l'occasion de leurs voyages périodiques. Parmi ces denrées figurent surtout le chuño, la farine de chuño, la farine d'orge, la cañihua, le charqui, les pâtes, l'huile, le sucre et le sel. On ne peut manquer d'être frappé par le parallélisme existant entre les aliments adoptés et ceux dont l'immigrant se nourrissait dans son district d'origine. On remarque que la satisfaction des besoins alimentaires pose à l'individu un sérieux problème d'adaptation aux ressources locales. Cette adaptation est lente car l'immigrant adopte envers le milieu, semble-t-il, une attitude défensive. Sa méfiance le pousse à chercher la sécurité dans une structure alimentaire connue et il le démontre en essayant de recréer le type d'alimentation auquel 11 était habitué. La deuxième partie traite des techniques de conservation des aliments. Les opérations de conservation ne concernent que les produits végétaux, le gibier et le poisson. L'apport de la cueillette, en effet, est pratiquement inexistant les produits de la basse-cour, peu importants, sont accessibles chaque jour les denrées importées, enfin, lorsqu'elles arrivent dans la région considérée, ont déjà subi une transformation qui en assure la conservation. Qu'il s'agisse de conserver le riz, le maïs, les « papas japonesas », les bananes ou les produits de la chasse et de la pèche, l'immigrant doit assimiler de nouvelles techniques: par exemple, pour conserver la viande, remplacer le gel et le soleil par la fumée et la chaleur du feu. La troisième partie aborde les différentes opérations qui, placées entre la récolte et la réserve d'une part, la consommation d'autre part, permettent à l'immigrant de transformer le produit acquis - frais ou déjà séché - en produit consommable. Le colon doit se familiariser avec de nouvelles techniques, apprendre à confectionner et d'utiliser aussi bien le mortier à riz et son marteau de bois dur, que le pressoir à levier. Apres quelques mots sur l'eau, on examine la cuisson des aliments. Et c'est l'occasion de remarquer, entre autres, que le feu n'est surélevé qu'à partir du moment ou l'immigrant édifie son habitation définitive, c'est-à-dire s'installe en permanence dans la région considérée. La quatrième partie traite de l'absorption des aliments et répond aux questions suivantes: quand, où et avec qui, comment et avec quoi mange-t-on? Il apparaît à travers cette étude que le processus de changement n'a pas été le même dans toutes les étapes du cycle alimentaire. Certes, l'immigrant a bien été obligé d'accepter les nouveaux produits. Mais il a adopté une attitude de méfiance qui le pousse, en quelque sorte, à réinterpréter, au moyen des ressources locales et de quelques compléments, ses modèles alimentaires antérieurs. Par contre, les nouveautés techniques propres à l'acquisition, à la conservation et à la préparation de certains aliments ont été assez rapidement assimilés. Enfin, dans le domaine de la cuisson et de l'absorption des repas, l'immigrant a conservé ses habitudes traditionnelles. La región comúnmente llamada San Gabán/Inambari (distrito de San Gabán, provincia de Carabaya, Puno), ubicada en las últimas estribaciones de la Cordillera Nevada de Carabaya, está poblada por colonos procedentes casi únicamente de las provincias altiplánicas de Melgar y Carabaya, y, en una mínima proporción, de algunos distritos de la provincia de Azángaro. Por falta de carretera de penetración, dichos colonos tienen que enfrentarse con condiciones muy particulares de aislamiento geográfico, económico, cultural y político. Esta migración hacia la selva -se trata de un movimiento espontáneo- impone a los inmigrantes permanentes como a aquellos cuyo asentamiento no es definitivo todavía, numerosos problemas de adaptación, problemas tanto más importantes que los colonos llegan a las tierras bajas sin ninguna preparación psicológica, educativa y técnica. En este estudio se examina el comportamiento y las reacciones de los inmigrantes en el campo de la alimentación. La primera parte está dedicada a los componentes de la alimentación. Esta última se sustenta básicamente en los productos vegetales cultivados entre los que se encuentran sobre todo el arroz, la yuca, el maíz, las papas japonesas y los plátanos. Estos alimentos son complementados -pero de un modo irregular- por los productos de corral, por la caza y el pescado y por diversos géneros alimenticios adquiridos en el exterior o llevados por los inmigrantes en sus viajes periódicos a su tierra de origen. Llama la atención el paralelismo existente entre los alimentos adoptados y los que eran consumidos por los colonos en sus pueblos de origen. Se nota que para satisfacer su hambre el inmigrante debe adaptarse a los recursos locales. Sin embargo es lenta dicha adaptación pues el individuo toma para con el medio selvático una actitud defensiva. Su desconfianza lo incita a buscar la seguridad a través una estructura alimentaria conocida y así lo hace, procurando volver a crear el tipo de alimentación anterior. La segunda parte describe las técnicas de conservación de los alimentos. Estas operaciones conciernen únicamente los productos de la chacra, la caza y el pescado. Efectivamente los productos silvestres son casi inexplotados los del corral -poco importantes- son disponibles cada día y aquellos que proceden del exterior ya han recibido una transformación, la que asegura su conservación. Tanto para conservar el arroz, el maíz, las papas japonesas, los plátanos como para preservar la caza y el pescado, el inmigrante debe asimilar nuevas técnicas: por ejemplo, tratándose de la carne, al sol y a las heladas sustituir el humo y el calor del fuego. En la tercera parte se analizan las diversas operaciones que vienen a colocarse entre la cosecha y el consumo, permitiendo al inmigrante transformar el producto adquirido -fresco o ya seco- en alimento consumible. El colono debe familiarizarse con técnicas particulares, aprender a construir y a utilizar tanto el mortero para pilar arroz como la prensa para exprimir el jugo de la caña. Después de examinar brevemente la actitud del hombre ante el agua, se describe los modos de cocción de los alimentos. Se destaca que el fuego -o mejor dicho el fogón- tradicionalmente ubicado sobre el suelo, pasa a ser sobrealzado cuando el inmigrante, edificando su habitación definitiva, se instala en permanencia en la región considerada. La cuarta parte trata del consumo y procura contestar a las siguientes preguntas: ¿cuándo, dónde y con quién, cómo y con qué se toman los alimentos? Aparece en este estudio que el proceso de cambio no ha sido igual en todas las etapas del ciclo alimentario. Por cierto que el inmigrante ha tenido que aceptar los nuevos productos. Pero adoptó ante de ellos una actitud de desconfianza que de cierto modo lo incita a reinterpretar, con los recursos locales, y algunos complementos, sus modelos alimenticios anteriores. Respecto a las novedades técnicas propias a la adquisición, conservación como a la preparación de ciertos alimentos, se destaca una asimilación relativamente rápida. Por fin, en el campo de la confección como del desarrollo de las comidas, el inmigrante sigue obedeciendo a sus costumbres tradicionales. The area called San Gaban/Inambari (in the district of San Gaban the province of Carabaya, Puno) is located on the extreme edge of the Cordillera Nevada de Carabaya. It is inhabited by immigrants from the high plateaux mostly from Melgar and Carabaya provinces, but also from some districts in the province of Azangaro. In the absence of any road for communication, the people are confronted with particular conditions of geographic, cultural, economic, and political Isolation. Their transplant to the virgin forest (a spontaneous migratory movement) causes numerous problems in both permanent and temporary immigrants adaptation. These problems are aggravated by the fact that the incomers arrive in this low legion with no sort of psychological, technical, or educational preparation. Below, we examine individuals' behavior and reactions with regard to food. The first part of this study is concerned with the components of the diet, i.e, above all, cultivate crops, particularly rice, manioc, corn, bananas, and “papas japonesas”. To this fare, the immigrants occasionally add poultry, wild meat and fish, and food brought back from the periodic visits to their native villages. This food includes primarily chuño, chuño flour, oil, barley flour, cañihua, charqui, noodles, sugar, and salt. One can't help but be struck by the parallelism between the newly adopted diet and the immigrant's traditional diet in his native district. We note that the satisfaction of alimentary needs confronts the individual with a serious problem of adaptation resources. This adaptation is slow, as it seems that the immigrant takes on a defensive attitude vis a vis the milieu. His distrust impels him to look for security in known alimentary structure, a phenomenon demonstrated by his trying to recreate his traditional diet of the high plateaux. The second part deals with techniques for the preservation of food products. These operations concern only vegetables, meats and fish. The contributions from gathering are practically non-existent the stocks of poultry of little importance are accessible every day the imported goods, when they finally arrive in the region under consideration, have already undergone a transformation, which assures their preservation. Whether concerned with rice corn, “papas japonesas”, bananas, or the products of hunting and fishing, the immigrant must assimilate new techniques: for example, to preserve meat, ice and sun must be replaced by smoke and the heat of a fire. The third part discusses the different operations, found between the harvest and stocking on the one hand and consumption on the other, which permit the immigrant to make the acquired product, be it fresh or already dried, edible. The newcomer must become familiar with new techniques, loam to make and use the mortar and its hardwood hammer for rice as the lever press for sugar cane. After a few words on water, we examine the cooking of food. Here we have occasion to remark, among other things that the fire is raised off the ground only after the immigrant has erected his definitive abode, that is to say, after he has settled permanently in the area. The fourth part goes into the eating of food and answers such questions as: when, where, with whom, how, and with what do people eat? It would appear from this study that the process of change has not been the same in all stages of the alimentary cycle. Granted, the immigrant is obliged to accept the new products. But he has adopted a distrustful attitude that impels him to reinterpret, in a way, his previous alimentary models in terms of the local resources and some complements. On the other hand, new techniques concerning the acquisition, preservation and preparation of certain foods have been assimilated rather quickly, in the cooking and eating of meals, the immigrant has retained his traditional habits.

Tango Rapperswil
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