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Chassé-croisé des visibles et des invisibles dans le panthéon japonais.

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Author(s): Tetsuo Yamaori | Julie Higaki (traductrice)

Journal: EspacesTemps.net
ISSN 1777-5477

Date: 2005;
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ABSTRACT
La nature des premiers échanges historiques entre les divinités natives du Japon (kami) et les bouddhas qui furent introduits au milieu du premier millénaire montre une forme particulière de syncrétisme qui consiste en deux systèmes polythéistes : le polythéisme « invisible » de la religion japonaise originaire (Shinto) et celui « visible » du bouddhisme, qui présentent des modes contrastés de mouvement divin. Les kami invisibles se cachent dans les forêts ou dans les collines, mais ils sont capables de divisions illimitées sans être diminués, et sont présents simultanément dans des lieux largement dispersés : leur force fondamentale de transmission de soi pourrait être appelée « possession ». D'autre part, dans la tradition bouddhiste, selon le concept indien de avatara ou de « descente divine », les divinités transcendantes se manifestent aux humains dans une forme physique : ce mouvement de concrétisation —  de mise en images  — , pourrait être appelé « incarnation ». L'attrait initial du bouddhisme au Japon était lié aux représentations picturales et sculpturales des bouddhas et boddhisattvas célestes, ce qui était étranger à la tradition originaire qui avait assumé l'anonymat et le voile qui cache le sacré. Ces deux vecteurs opposés, l'un vers l'invisibilité cachée dans les kamis, et l'autre vers les manifestations physiques dans les bouddhas, posent les fondations pour le développement ultérieur de la « fusion du Shinto et du Bouddhisme » au Japon. Voici des exemples de leur interaction et imbrication : les dieux représentés dans les statues (la transformation historique de la divinité Inari), et les statues de bouddhas éloignées de la vue humaine comme les « bouddhas cachés » (Amida à Zenkoji). Cela illustre la médiation réciproque du Shinto et du Bouddhisme et les caractéristiques particulières qui se trouvent dans les profondeurs de la foi des Japonais dans les kami. The nature of the early historical interchange between the native divinities of Japan (kami) and buddhas that were introduced in the middle of the first millennium c.e. demonstrates a particular form of the syncretism which consists of two « polytheistic » systems : the « invisible » polytheistic of the original Japanese religion (Shinto) and the « visible » polytheistic of the Buddhism, which exhibit contrasting modes of divine movement. The invisible kami are concealing themselves in wood or hills, but capable of endless bisection and division without diminution, and present simultaneously in widely disparate locales : their basic power of self-transmission is called « possession ». On the other hand, in the Buddhist tradition, according to the Indian concept of avatara or « divine descent », transcendent divinities manifested themselves to humans in physical form: this movement from formlessness into form is called « incarnation ». The initial attraction of Buddhism in Japan was related to the pictorial and sculptural representations of celestial buddhas and bodhisattvas, that were alien to the native tradition which had assumed the anonymity and self-concealment of the sacred. These two opposing vectors, one towards hiddenness in the kami, and the other towards physical manifestation in the buddhas formed the foundation for the later development in the « fusion of Shinto and Buddhism » in Japan. Examples of their interaction and overlap are the kami, depicted in statues (the historical transformation of the Inari deity), and statues of buddhas withdrawn from human sight as « hidden buddhas » ( Amida at Zenkoji ). These represent the drama of the mutual mediation and the particular characteristics lying in the depths of the Japanese people's faith in kami.

Tango Rapperswil
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