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European Urban Fictions in China.

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Author(s): Dieter Hassenpflug

Journal: EspacesTemps.net
ISSN 1777-5477

Date: 2008;
Original page

ABSTRACT
Les fictions des cités européennes en Chine. À propos des travesties urbaines, des parodies et des transpositions mimétiques. En Chine règne une forme de Gründerzeit (années de fondation lors de l’ère wilhelminienne correspondant à une période d’expansion économique). Une des manifestations est le mouvement migratoire très important de la province vers les villes. Plus de 200 millions de travailleurs se précipitent ainsi actuellement vers les métropoles. Pour soulager ces grandes villes désormais pleines à craquer, s’est engagé un processus de construction de « villes-satellites » et de « villes-dortoirs» partout dans le pays. Dans ce contexte, on explore de nouvelles voies post-modernes qui se distinguent manifestement des planifications pour décharger les villes, en cours aux XIXe et XXe siècles. À souligner en particulier dans ce processus de construction sont notamment les« villes à thème » à travers lesquelles on essaie d’amener l’esprit de construction urbaine, l’art de vivre ou tout simplement l’image de cultures étrangères en Chine. Ces physionomies de villes « importées » des cultures occidentales se confrontent ainsi à un code urbain qui est caractérisé par un accroissement dense, une centralité linéaire-hiérarchique, des façades d’écrans et surtout par un dualisme prononcé entre un espace urbain fermé et un espace urbain ouvert. Cette dernière est représentée par des espaces de mobilité et de commerce. À l’inverse, l’espace fermé s’exprime en dehors des institutions de production, d’administration, d’éducation et de justice notamment par les lotissements. En Chine, les citadins habitent presque intégralement dans des voisinages clos (‘compounds’). Au final, toute orchestration de la ville chinoise se soumet à ce dualisme de l’espace ouvert et l’espace fermé.    L’article décrit et analyse les implications spatiales d’une transposition d’idées européennes sur la physionomie d’une ville et sur la texture urbaine en Chine. Ceci se fait à l’exemple de trois « villes à thème » du plan « Une ville, neuf villages » de Shanghai : la « ville allemande » Anting, la « ville anglaise » Taiwushi et la « ville suédoise » Luodian. Un élément complémentaire à cette étude est la perspective sur une copie de ville néerlandaise dans la région de Shenyang, située dans le nord de la Chine, puis une rapide visite australe dans le parc à thème « Window of the World ». L’importance de la maîtrise du code d’une ville chinoise est illustrée par le cas de la « ville allemande » Anting. Aveuglé par la conviction naïve selon laquelle il serait possible de transporter substantiellement une ville européenne dans la sphère culturelle chinoise, on a finalement implanté un corps étranger. Puis pour rapprocher un peu plus cette « ville allemande » du goût du client immobilier chinois, différentes corrections et adaptions au code urbain chinois ont été effectuées postérieurement. Chacune de ces corrections s’est avérée discutable et représentait plutôt un compromis nuisible à l’identité de la « ville allemande » sans contribuer à l’amélioration de son intégration dans la culture chinoise non plus. L’exemple du « Nouveau Amsterdam » dans la région de Shenyang montre que les acteurs chinois ne sont pas non plus exempts de toute mauvaise interprétation. Ici comme ailleurs, on a essayé de fusionner des éléments incompatibles, ce qui conduit au final à une parodie européenne d’une ville chinoise, inhabitable pour le peuple chinois. Si Anting comme ville idéalisée et la copie d’Amsterdam font preuve d’une absence de communication interculturelle, il demeure à l’inverse des exemples de réussite, à l’instar de la « ville anglaise » Taiwushi et la « ville nordique » Luodian qui montrent autant un certain pragmatisme qu’une vraie compétence culturelle. On offre ici ce qui est souhaité par le client chinois : une ville composée de voisinages clos, avec une scène urbaine commercialisée et ouverte, d’architectures et de textures européennes scannées voire imitées. Pourquoi alors ces fictions urbaines ? Parce qu’aujourd’hui en Chine, la présence de l’Autre, de l’Etranger, est vécue comme une libération et en aucun cas comme une menace. Mais également parce que, dans le monde contemporain dans lequel la notion de l’identité de marque (‘branding’) fait depuis longtemps partie de la normalité, le symbole de l’exotisme est vu comme une forme de distinction sociale par les membres des nouvelles classes moyennes et supérieures. À pioneering spirit has risen in China. À tremendous redistribution of people from the country to the city is in progress. More than 200 million migrant laborers are currently pushing into the sprawling metropolises. In order to provide relief for the urban cores, satellite cities ― both within and outside of the city fringe ― are springing up like mushrooms all across the country. By doing so, often new, postmodern methods are implemented, which differ distinctively from Western satellite city planning from the 19 th and 20 th century. Through “theme cities” the attempt is made to implant the spatial images and lifestyles of foreign cultures into China. This contribution describes and analyses the spatial implications of the transposition of European urban concepts and textures to China. This is exemplified by presenting three theme cities of the ‘One City, Nine Villages-Plan’ of Shanghai, the ‘German city’ Anting, the ‘English city’ Taiwushi, and the ‘Swedish city’ Luodian. This research is complemented by introducing the Dutch urban copy in Shenyang in northern China and a brief visit to the theme park ‘Window of the World’ in southern China. The case of the German city Anting proves how important it is to master the urban code of China : being tempted by the illusion that the substance of a European city could be transposed into the Chinese cultural sphere an alien construct has been implanted. In order to make it more legible, the attempt is made to “sinicize” Anting afterwards. However, every intervention proved as a questionable compromise further dissolves the identity of the ‘German city’. While Anting demonstrates idealism, the ‘English city’ Taiwushi displays intercultural pragmatism. The offered goods match the Chinese customers’ desire : Cities comprised of closed neighborhoods with commercialized, open urban stage settings consisting of scanned or imitated European architectural backdrops. Why these urban fictions ? Because the symbolism of the exotic is considered as a social distinction gain by the members of the new middle and luxury classes ― in an environment in which branding has become the normal way of life since long.
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