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Les infirmières-visiteuses pendant l’entre-deux-guerres en Haute-Normandie : entre professionnalisme officiel et bénévolat officieux

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Author(s): Stéphane Henry

Journal: Genre & Histoire
ISSN 2102-5886

Issue: 5;
Date: 2009;
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Keywords: Visiting nurse | Dispensary | Professionalism | Voluntary work | Imprisonment | Interwar period | Infirmière-visiteuse | Dispensaire | Professionnalisme | Bénévolat | Enfermement | Entre-deux-guerres

ABSTRACT
Marginale avant 1914, révélée pendant la Première Guerre mondiale, adulée ou décriée pendant l’entre-deux-guerres, l’évolution de la profession d’infirmière-visiteuse est étrangement commune à l’évolution de la place des femmes dans le travail salarié. En effet, même si une législation est venue encadrer ce nouveau corps de femmes au début des années vingt, force est de constater, au travers des exemples des départements de Seine-Inférieure et de l’Eure, que celui-ci a gardé de nombreux attributs propres au bénévolat. D’ailleurs, bien que les dirigeants de l’action antituberculeuse, Albert Calmette en tête, aient régulièrement encensé la profession, ils ont néanmoins cherché à l’encadrer strictement, redoutant des envies trop fortes d’autonomie. À cette professionnalisation toute relative se sont ajoutées des conditions de travail particulièrement rudes pour ces jeunes femmes novices, finalement peu préparées à côtoyer une misère insoupçonnée. Ainsi, si la fonction d’infirmière-visiteuse correspond à un virage non négligeable dans l’acceptation du travail qualifié des femmes par la société, son efficacité dans le cadre des luttes contre les fléaux sociaux (tuberculose et mortalité infantile) reste tout de même mesurée dans les faits.The evolutions of the status of the visiting nurse echo the evolution in women's position within the workforce: marginal prior to 1914, revealed during the First World War, idolized or disparaged in the inter-war years. Despite legislation governing this new corps of women nurses in the early twenties, examples from the departments of the Seine-Inférieure and  the Eure make clear that it retained many attributes of volunteer work. Moreover, although the leaders of the war against tuberculosis, such as Albert Calmette, regularly praised the profession, they nonetheless sought to regulate it strictly, fearing a move toward excessive autonomy. The article considers the nature of this relative professionalization as well as the particularly difficult working conditions of these novice women professionals, who were ultimately ill-equipped to handle the misery they encountered.  Thus, while the emergence of the visiting nurse represented a major shift in the acceptance of women’s skilled work in French society, the ability of these women to exert their skills effectively in the context of struggles against social scourges (tuberculosis and infant mortality) was limited in practice.
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