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Les pouvoirs publics et les grands « bidonvilles roms » au nord de Paris (Aubervilliers, Saint-Denis, Saint-Ouen).

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Author(s): Olivier Legros

Journal: EspacesTemps.net
ISSN 1777-5477

Date: 2010;
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ABSTRACT
Depuis quelques années, les bidonvilles sont réapparus en région parisienne et dans les grandes villes françaises. Ce phénomène est souvent lié à l’installation de ressortissants bulgares et roumains appartenant à la minorité rom, sans ressources et en situation irrégulière. Peu à peu, les établissements précaires sont devenus des problèmes publics à l’échelle locale. C’est notamment le cas des grands bidonvilles qui se sont développés à Aubervilliers, Saint-Denis et Saint-Ouen. Ces occupations illégales, qui sont des obstacles à l’urbanisation, ont en effet suscité des manifestations d’hostilité ou, au contraire, de soutien aux migrants pauvres. En outre, leur présence a été médiatisée. Dans ce contexte, les pouvoirs publics (État et collectivités locales) ont envisagé des solutions que l’on peut qualifier de « spatiales ». D’une part, ils ont regroupé, à partir de la fin 2007, des familles, préalablement sélectionnées, dans des dispositifs clôturés et surveillés qui sont appelés « villages d’insertion », car les résidents bénéficient d’un accompagnement social. D’autre part, ils ont cherché à éloigner ceux qui n’ont pas eu droit au « village », en leur proposant une aide au retour dans leur pays d’origine. À partir d’enquêtes réalisées auprès des acteurs institutionnels en charge de ces dispositifs, des associations et des bénéficiaires, l’objectif de cet article est de montrer que le traitement spatial de la « question rom » est, dans ce cas, largement déterminé par les conditions de formation des problèmes publics liés à la présence des migrants en situation précaire. Les principaux effets des interventions publiques sont, quant à eux, l’alignement en cours des politiques locales du « bidonville rom » sur le modèle du « village » et le renforcement des processus de marginalisation. In the past few years, slums have reappeared in Paris suburbs and French major cities. This phenomenon is often connected to the settlement of Bulgarian and Romanian illegal immigrants, with no means of support, belonging to the Roma minorities. This kind of settlement is gradually turning into a public matter at the local level, as we can observe with the big slums growing in Aubervilliers, Saint-Denis, and Saint-Ouen, in the North of Paris. These illegal settlements stand in the way of the legal urbanization that leads either to hostile reactions or to friendly support to these poor migrants. Moreover, the presence of slums received ample media coverage. To face this situation, public authorities have come to solutions that are likely to be considered as “spatial.” On the one hand, in 2007 they brought together a few selected families in closed and invigilated structures called “villages d’insertion,” because institutions provide social accompaniment to the residents. On the other hand, they tried to keep away those who didn’t have access to the “villages” by offering them financial support for going back to their own country. This paper is based on interviews conducted with representatives of local authorities responsible for the “villages” as well as with associations and beneficiaries. It aims first to show that the spatial treatment of the “Roma issue” in the arrondissement of St Denis is widely determined by the emergence of public problems linked to the presence of those migrants in precarious situation. It aims secondly to show that the effects generally consist in the outstanding alignment of the local “policies on the Roma slums” with the pattern of the “village” and increasing marginalization processes.
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