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LA MAJUSCULE, ENTRE « REPRODUCTION » ET « TRADUCTION »

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Author(s): Bianca-Stela BOULARAND

Journal: Language and Literature : European Landmarks of Identity
ISSN 1843-1577

Volume: 2;
Issue: 2010;
Start page: 43;
Date: 2010;
Original page

Keywords: Céline | traduction | majuscule

ABSTRACT
Dans Voyage au bout de la nuit de Céline, la majuscule facultative, « distinctive », se signale par son extraordinaire polyvalence fonctionnelle, qui est à saisir dans les rapports oppositifs qu’elle entretient avec la minuscule. Les alternances entre ces deux signes se mettent au service de la variation fonctionnelle du signifiant : variation discursive entre mention et usage, variation énonciative entre distanciation ironique et sincérité, variation lexicale par la mise en abyme du cotexte. Or, la variation graphique fait bouger le texte à un niveau plus profond, signalant des tendances matricielles du Voyage, comme le basculement emblématique entre abstrait et concret, figuré et figuratif, inanimé et animé. La divergence orthographique entre le roumain et le français rend inaccessible dans certains points-clés du texte la concrétisation de nombre de ces effets. Il n’en demeure pas moins que la majorité des situations traductionnelles semble se résoudre par la simple « reproduction » de la majuscule. Or force est de constater que sans un travail herméneutique sous-jacent, capable d’appréhender les mécanismes de son fonctionnement textuel, sa simple « copie » s’avère stérile tant qu’elle n’est pas accompagnée d’une traduction appropriée de tout l’ensemble textuel. Notre propos sera donc de montrer que, dans un texte poétique comme l’est celui de Céline, un signe orthographique en apparence aussi mineur que la majuscule doit être « traduit » à son tour, soumis à un travail constant d’interprétation, et non pas simplement « reproduit ».
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