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Politiques culturelles des États européens : pour une nécessaire refondation.

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Author(s): Anne-Marie Autissier

Journal: EspacesTemps.net
ISSN 1777-5477

Date: 2006;
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ABSTRACT
Bien que les politiques culturelles nationales varient considérablement d’un pays européen à l’autre, en fonction des histoires, des sociétés et de la relation entre les États et les milieux professionnels de la culture, l’on peut identifier en Europe occidentale, quelques principes plus ou moins amplement appliqués : la nécessaire liberté artistique, la culture comme objet de politique publique, la nécessité de préserver et de restaurer le patrimoine bâti et les œuvres du répertoire national, comme autant de garants de l’exercice démocratique. Malgré des évolutions asynchrones, les gouvernements européens se sont tous dotés d’administrations en charge de la culture, soit directement liées à l’État, soit agissant dans une certaine marge d’autonomie. Inégalement, la création contemporaine a été soutenue. Enfin, la reconnaissance des cultures et langues régionales a donné lieu à la mise en place de régions jouissant d’une autonomie relative ou importante. Dernier trait commun aux pays d’Europe occidentale, les communes apparaissent partout comme les premiers financeurs des activités culturelles, entendues dans une acception large : de l’art contemporain aux initiatives socio-culturelles. Ce relatif parallélisme a d’ailleurs un impact dans les pays issus du communisme d’État — membres de l’Union ou nouveaux voisins de cette dernière. Les gouvernements de ces pays se sont dotés d’instances et de dispositifs souvent inspirés des politiques européennes occidentales. Depuis les années 1980, la montée en charge des services, la mondialisation des activités financières, les concentrations opérées dans les industries culturelles, obligent les politiques culturelles nationales à trouver de nouvelles réponses. L’on a pu ainsi parler de « politiques culturelles de plus en plus instables », car obligées d’arbitrer entre des marges financières de plus en plus réduites et des impératifs professionnels contradictoires et fragmentés. L’une des solutions le plus souvent recherchées est celle d’un partenariat tous azimuts de l’État avec l’ensemble des acteurs culturels, mais aussi les collectivités territoriales et le secteur privé. Ainsi les réseaux et les associations culturelles transnationales, les fondations et les autorités locales font preuve d’une grande détermination à s’engager dans de nouvelles actions, à l’échelle locale, européenne et internationale. Ces différents cercles d’acteurs peuvent progresser de façon intéressante, à condition que les États ne se contentent pas d’une décentralisation ou d’un désengagement de leurs fonctions traditionnelles, mais bien plutôt accompagnent et diffusent les résultats de ces initiatives. Leurs expériences aideront sans aucun doute les politiques culturelles nationales à se doter d’outils pour une meilleure coopération multilatérale. Et à progresser dans la prise en compte des nouvelles spécificités artistiques, pour une meilleure approche des relations avec les publics. National Cultural Policies are far different from one country to another, according to societies’ histories and to the kind of relationship between States and cultural professionals. Nevertheless, one can recognize some principles, more or less applied: the necessity of freedom for creation, culture as purpose for public policy, the necessity of valuing and preserving built heritage and the National repertoire art works, as guarantees for democratic exercise. In spite of non synchronous evolutions, all European governments created cultural administrations, directly dependent on States or relatively autonomous. Contemporary creation has been unequally supported. Finally, the acknowledgment of regional cultures and languages brought about launching regional entities with an unequal autonomy. The last common feature between West European countries is the strength of municipalities, which everywhere appears as the major supporters of cultural activities, being them contemporary creation or community initiatives. All this has an impact on former communist Eastern European countries: their governments launched grant systems, very much inspired by Western European Cultural policies. Since the eighties, the service industry’s development combined with financial globalization and cultural industries’ mergers has lead Cultural National policies to find out new solutions. Thus, some observers wrote about “more and more unstable Cultural policies”: constrained by smaller and smaller financial margins, governments deal with controversial and fragmentary professional issues. One of the most obvious key solutions turns out being the partnership with cultural players, as well as with local authorities and private sector. Therefore international networks and associations, foundations and local authorities do commit themselves in new actions, local, European or international. These different circles may act in a very creative way, granted that States keep involved besides them and do not catch such an opportunity to merely withdraw. Their experience and know how can definitely make it easier for National Cultural policies in their search of new tools for a better multilateral cooperation. They may help identifying new artistic specificities for a better approach of audiences’ issues.
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