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La zone préverbale en ancien français : apport de corpus annotés

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Author(s): Rainsford Thomas | Guillot Céline | Lavrentiev Alexei | Prévost Sophie

Journal: SHS Web of Conferences
ISSN 2261-2424

Volume: 1;
Start page: 159;
Date: 2012;
Original page

ABSTRACT
L’ancien français est généralement considéré comme une langue à verbe second (V2). Ce trait de l’ancien français a été mis en avant depuis longtemps, dans le cadre d’approches très différentes. Il existe cependant un certain nombre d'exceptions à la règle V2. Dans le présent article nous nous intéressons aux constructions qui présentent au moins deux éléments en zone préverbale dans les propositions principales de phrases déclaratives. L'étude a été menée à partir du dépouillement exhaustif d'un corpus de près de 130 000 mots doté d'une annotation syntaxique. En effet, les structures dans lesquelles plusieurs éléments précèdent le verbe fini sont présentes dans tous les textes, bien que la structure V2 canonique soit toujours majoritaire. Cependant, dans les textes en prose de notre corpus, la majorité de ces structures correspond à un ensemble assez limité d’exceptions avérées à la règle V2, notamment, la présence d’un circonstant (souvent si) ou du sujet entre une subordonnée et le verbe, ou la tendance à situer les circonstants à valeur énonciative (par foi, etc.) et les adverbes connecteurs (ainc, puis) au début de la périphérie gauche. Dans les textes en vers, la variété des structures attestées est beaucoup plus importante. On observe néanmoins, dans une certaine mesure, les mêmes phénomènes que dans les textes en prose : par exemple, l’ordre subordonnée + X est beaucoup plus commun que l’ordre X + subordonnée ; certains circonstants adverbiaux (si, bien, moult, mieux) sont toujours à côté du verbe ; les syntagmes énonciatifs se placent normalement le plus à gauche. Mais on rencontre beaucoup plus souvent l’antéposition de deux arguments du verbe. Il est particulièrement intéressant d’observer la fréquence de l’antéposition d’un régime (objet ou complément) dans les textes en vers, même au XIIIe siècle, dans la mesure où Marchello-Nizia (1995) observe que l’antéposition de l’objet est nettement moins fréquente durant cette période.
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