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Passages de frontières. Le voyage de la jeune mariée dans la haute noblesse des temps modernes (XVe-XVIIIe siècle)

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Author(s): Christiane Coester

Journal: Genre & Histoire
ISSN 2102-5886

Issue: 9;
Date: 2012;
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Keywords: Travel | Marriage | Nobility | Princesses | Borders | Voyage | Mariage | Noblesse | Princesses | Frontière

ABSTRACT
Même si l’historiographie française a surtout retenu le voyage des infantes espagnoles vers le royaume de France et celui de Marie-Antoinette en 1770, les voyages nuptiaux vers la résidence du futur(e) époux (se) étaient en usage dans toute l’Europe du XVe au XVIIIe siècle. S’il n’existe à priori qu’un seul texte normatif (De institutione vivendi écrit par Diomeda Carafa en 1476), bien d’autres sources permettent d’étudier ces voyages sans retour (correspondances, récits de voyage, journaux et brochures, comptes princiers, etc.). Après avoir présenté une typologie de ces voyages nuptiaux, l’article se focalise sur le voyage le plus classique, celui qui conduit, à travers toute une série d’étapes codifiées, une jeune femme de la demeure parentale à celle de son époux. L’un des moments les plus importants de ce périple est sans nul doute le passage de la frontière car il s’accompagne de nombreuses représentations des différences culturelles réelles ou supposées tout en coïncidant avec le passage du statut de fille à celui d’épouse. À son arrivée à la cour de son époux, la fiancée se doit d’adopter les codes vestimentaires et les coiffures qui y sont à la mode, à la fois pour manifester sa volonté d’insertion mais aussi pour plaire à son mari. Les exemples de voyages nuptiaux étudiés à travers toute l’Europe manifestent finalement de nombreux points communs. Ce processus de transformation individuelle s’insère dans un autre plus vaste d’échange entre deux cours. Il ne s’agit pas seulement d’un déplacement dans l’espace mais aussi d’un changement de cadres des référents culturels (langue, mode, alimentation etc.) souvent douloureux pour la jeune femme même s’il existe un certain nombre de cas d’intégration réussie, comme Anne d’Este ou encore Anne d’Autriche.While French historians have tended to focus on the nuptial trips of the Spanish infantes to the Kingdom of France as well as that of Marie-Antoinette in 1770, such trips to the residence of the future spouse were common in Europe from the 15th to the 18th century. Only one normative text describing such trips exists (that of Diomeda Carafa, De institutione vivendi, 1476), but numerous other sources shed light on these one-way trips (correspondences, travel memoirs, newspapers, brochures, princely account books). Following a presentation of the variety of such trips, this article focuses on the classic example of the young women who leaves her parental home for that of her future spouse, following a series of codified steps. One of the most significant moments in this trip is the moment when she crosses the border and is confronted by the range of cultural differences (imagined or otherwise), while at the same time changing her status from that of young girl to wife. Once arrived in her spouse’s court, the fiancée had to adopt the reigning dress codes and hairstyles, not only to show her desire for integration but also her desire to please her husband. The analysis of these nuptial trips throughout Europe shows a number of commonalities. The process of individual transformation is part of a broader movement of exchange between the courts. The move involved more than spatial displacement but also a change in cultural references (language, fashion, food, etc.) which was often painful for the young women, even if a number of women, such as Anna d’Este and Anne of Austria, successfully integrated into their new courts.
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